Monsieur,
J'ai décidé de vous écrire cette lettre suite au passage du chapiteau du cirque PINDER dans le département du Pas-de-Calais. En effet celui-ci a fait plusieurs haltes à Béthune, Boulogne sur Mer et Berck sur Mer.
Ayant une grande passion pour cet établissement j'ai suivi leur quotidien dans les deux dernières villes citées.
Le Cirque Pinder a été le premier cirque que mes parents m'ont emmené voir en 1989. Celui-ci était installé place salengro à Calais, j'avais alors 5ans. Mon papa était et reste un grand passionné de cirque et m'a transmis le virus tout petit déjà. Ce dont je me souviens de cette première visite dans l'établissement PINDER était la taille de ces installations (Chapiteaux, véhicules...) et spectacle grandiose.
Mon père m'a alors parlé du PINDER de son enfance (époque SPIESSER puis JEAN RICHARD) il m'a parlé des convois qui arrivaient en nombre impressionnant au petit matin avec leurs carrosseries rutilantes un chapiteau énorme, un orchestre...
Pinder a été après cette première expérience de cirque la référence pour moi en terme de cirque la même que pour des milliers de français.
J'ai alors eu l'occasion de retourner voir le cirque Pinder dans de nombreuses villes ou il séjournait dans ma région. Il y a 5ans j'ai terminé une maquette sur le Cirque Pinder des années 2000 et actuellement je réalise une maquette du cirque à l'époque de l'ORTF.
Dimanche dernier je me suis levé aux aurores pour voir arriver le cirque dans la station balnéaire de Berck sur Mer. Les convois sont arrivés aux alentours de 8H15 sans doute le progrès y étant pour quelques chose dans la réduction du temps pour le montage du chapiteau.
J'ai alors constaté quelques chose qui m'a beaucoup attristé et c'est là tout le but de mon courrier.
J'ai vu un cirque PINDER toujours aussi majestueux mais terriblement vieillissant. Remorques abimées, en manque de peinture, trains de pneus terriblement usés, toile de chapiteau sale, remorque du personnel que les années n'épargnent pas.
Je sais que le cirque PINDER est le seul cirque encore aujourd'hui a faire une tournée en ville d'un jour et que le matériel en est terriblement éprouvé. Je pense que cela donne toute sa splendeur à l'établissement, mais les spectateurs qui ne connaissent pas cette partie du cirque peuvent être surpris, eux qui attendent de PINDER le super cirque de France.
J'ai assisté à la représentation de l'après midi et j'ai découvert un spectacle de grande qualité dans la tradition du cirque. Mais la encore un détail inhabituel a attiré mon attention : la sonorisation était quasiment inexistante et le son on ne peut plus médiocre, lors du premier numéro d'animaux exotiques le bruit des chevaux masqué totalement le son. La lumière éblouissante a fait rater plusieurs fois le numéro de GINA GIOVANNI qui a elle même demandé à la régie de régler afin qu'elle puisse terminer son numéro.
J'ai mis cela sur le fait de l'arrivée tardive des convois et du fait que la fin du montage du chapiteau soit intervenu aux alentours de 15H00 pour une représentation à 16H00....
Quand je suis rentré de cette journée passée au cirque PINDER je me suis replongé dans mes différents livres ou l'on parle de la splendeur de l'établissement et de ces numéros.
Lors de la re-lecture de votre livre «GILBERT EDELSTEIN L'HOMME QUI A SAUVE LE CIRQUE PINDER» une phrase m' a interpelé laissez moi vous la citer, nous sommes le 24 Juin 1983 à LANGON «....au pas de course qu'il entreprend comme la veille de dresser l'inventaire de tout le matériel. Celui ci est dans un triste état. Les camions auraient besoins d'être repeints. La rouille a attaqué plusieurs remorques. Certaines caravanes sont cabossées. Autant de signes qui traduisent les difficultés financières de l'entreprise...»
Je tiens à dire que j'ai eu le même sentiment lundi en regardant le cirque PINDER Jean Richard.
Mais comment cela serait il possible, PINDER qui reste quand même LE cirque de la France celui qui ne peut disparaître.
Pourtant autour de moi j'ai entendu des réflexions de passionnées comme de badauds très nombreux pendant le montage. «Les camions sont sales, le matériel est vieux, la toile et sale....».
Je sais votre attachement à ce cirque qui résume l'histoire de votre vie comment celui ci pourrait tomber à ce niveau. PINDER a fait ces lettres de notoriété sous la direction SPIESSER qui aimait les convois et le matériel roulant. Vous avez donné une rentabilité au cirque PINDER et vous l'avez propulsé au niveau qu'il atteint aujourd'hui.
Alors aujourd'hui je me pose une question mais je pense que celle ci me restera sans réponse comment PINDER peut il se laisser mourir comme il le fait?
Quoi qu'il en soit Monsieur Edelstein j'ai une profonde admiration pour le travail que vous avez accompli depuis 25ans où vous êtes à la tête du cirque Pinder Jean Richard et j'ai simplement voulu attirer votre attention sur une déception que j'ai eu ce 14 Juillet 2008, la première dans votre établissement depuis 1989.
Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer en l'assurance de mes salutations les plus respectueuses.